Descendez de votre chaise, Monsieur

13 novembre 2006

Citation

N'ayant pas posté d'article sur mon blog depuis très longtemps et n'étant pas particulièrement inspiré en ce moment, je me permets juste de remettre en pleine lumière une citation de ce cher Barbudo qui mérite amplement cette honneur vu sa qualité suprême. Je l'ai retrouvé dans les tréfonds de ce blog pourri et il aurait été dommage qu'elle finisse dans l'oubli. Chers amis blogueurs, jugez donc un peu:

"Je rêve d'un monde où les marcassins, les salamandres et les phacochères se donneront tous la patte et où l'herbe à chat coulera à flot!"
                                                                                                      Barbudo

Posté par delmuzo à 10:50 - Commentaires [4] - Permalien [#]


09 mai 2006

Les noms de planète, c'est comme un air de bakukâa

Salut les aminches! Je sais ce que vous vous dites: "ouh là là, qu'est ce qu'il va nous sortir, cette fois?"
Ben, figurez-vous que je me suis livré à des petites recherches sur le ternet'. Après les noms de famille, je me suis intéressé aux noms de planète. Enfin, quand je dis "noms de planète", je veux bien sûr parler de celles qu'on a inventées, mes 2 acolytes et moi-même, pour les besoins de nos rocambolesques aventures cinématographiques. Ma curiosité me poussait à vérifier si Grulug et Vulvor n'existaient pas quelque part. Je veux dire dans un monde imaginaire sorti tout droit d'un esprit aussi déjanté que le nôtre. Bien m'en a pris. Car j'ai découvert que des gens avaient osé imaginer l'inimaginable. En effet, j'ai trouvé plusieurs références à la planète Vulvor. Il s'agit le plus souvent de simples allusions dans des commentaires sur des sujets assez divers. En voici un exemple:

A quand une chanson de Raël :
Jesus est né dans l'espace,
Entre la Terre et la planete Vulvor
Jesus est né dans l'espace,
c'est un marsien qui me l'a dit
dans la soucoupe volante
Jesus est né dans l'espace,
ça fera 2000 ans mardi (
georges.abitbol, le 31/10/2004 à 12:12:54)

Etrange, non? Assez cocasse, je trouve. En tout cas, ce Mr Abitbol fait référence à une hypothétique planète Vulvor. Existerait-elle, donc? Au passage, je vous signale qu'il s'agit d'un commentaire sur un chanteur provençal qui s'appelle Robert Miras et qui chante des trucs assez cheulous sur Jésus. Tenez, j'vous file l'adresse: http://www.bide-et-musique.com/song/2217.html. Je suis sûr que ça intéressera mes potes John et Barbudo qui sont très friands de tout ce qui touche à Djizuss (rapport à un certain film qu'ils sont en train d'écrire). Mais revenons à nos Vulves. Voici une autre référence à la planète Vulvor trouvée dans un blog assez pourri:

La lourde tâche qui m'est confiée est... tadadada roulement de tambours... Analyse de la politique de sécurité des firewall........
Huh? Failleure ouale? C'est quoi ça? Non ca n'est pas une pluie de comètes venue de la planète Vulvor. Ca n'est pas non plus la nouvelle arme secrète des Bisounours. Il s'agit en fait d'une grosse boîte avec pleins de cables et des p'tites lumières qui clignottent de partout et dont le rôle est d'analyser et de filtrer le traffic d'un réseau.

Déconcertant, non? Il existe donc des gens qui parlent de la planète Vulvor. Est-ce possible? Y a t-il des êtres suffisament dingues pour donner un nom pareil à une planète? Moi qui pensait qu'on était les seuls... J'avoue que ça me tarabuste un peu. On croit toujours qu'on est unique dans la connerie. Mais finalement, y a des mecs qu'ont p't'être le même esprit putant que nous. Heureusement, j'ai trouvé aucune référence à la planète Grulug. Là, ç'aurait été quand même incroyable. Toutefois, le nom existe. Quand on tape "Grulug" dans Google, on obtient quelques résultats. Il s'agit surtout de sites de jeux video. Si j'ai bien compris, Grulug est le nom d'une créature monstrueuse. Enfin, même si c'est pas le nom d'une planète, ça prouve quand même que ce nom a déjà été inventé par quelqu'un d'autre. Et ça, ça me troue le cul. Pour en revenir à Vulvor et aux noms de famille, j'ai aussi trouvé un mec qui s'appelait George Vulvor et qui est né en 1920. Ca me ferait vraiment drôle de porter un nom pareil.
Voilà. Tout ça pour dire que les recherches internettantes nous réservent parfois de sacrées surprises. Sinon, j'espère que ça ne dissuadera pas ce cher Barbudo de tourner une fameuse scène de notre putain de film. Allez, je vous laisse. Je retourne à ma soucoupe volante.

Posté par delmuzo à 10:17 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

05 février 2006

Un livre, une lutte

Alors, tout d'abord, un nouvel avertissement: cet article ne s'adresse pas à ceux qui n'en ont rien à foutre des romans policiers, de la politique, du sous-commandant Marcos, de l'Amérique Latine en général et du Mexique en particulier. Je prie ces gens de quitter mon blog sur le champ. Voilà. Ça, c'est fait.
Bon alors, maintenant qu'on est en bonne compagnie, je vais pouvoir vous révéler l'objet de cet article.

marcos13

Pour commencer, je souhaite vous faire part de mes impressions sur un bouquin dont la qualité, sur une échelle de 1 à 12,5, est excellente. Vous en avez l'image ci-contre. Il s'agit d'un roman policier (et politique) qui s'intitule Des morts qui dérangent, et le titre original en espagnol est Muertos incomodos. Il a été écrit par le grand écrivain mexicain Paco Ignacio Taibo II et le non moins grand Sous-commandant Marcos. C'est déjà une originalité car, vous l'aurez compris, ce livre a été écrit à quatre mains, comme on dit dans les milieux autorisés (ce qui est absurde car on écrit avec une seule main, en fait). Il a d'abord été publié sous forme de feuilletons dans le quotidien mexicain La Jornada, puis dans Libé. En fait, chacun des auteurs écrit un chapître successivement. Mais de quoi parle t-il, ce bouquin? Et bien, puisqu'il s'agit d'un roman policier (bien que la police tienne plutôt le mauvais rôle, ici), l'histoire tourne autour d'une enquête menée conjointement par le détective Hector Belascoaràn Shayne (le personnage créé par Taibo II) et Elias Contrarios (le personnage créé par Marcos). Tout commence par des appels laissés par un mort dénommé Alvarado sur le répondeur de son ancien ami, un certain Monteverde, fonctionnaire de la ville de Mexico. Ce dernier va trouver Belascoaràn pour lui demander de mener l'enquête. Dans le même temps, au Chiapas, Le "Sup" reçoît de la part de Manuel Vazquez Montalbàn (grand écrivain espagnol, pour ceux qui ne le sauraient pas) un dossier comprenant des informations sur un certain Morales, appartenant aux milieux d'extrême-droite et trempant dans toutes sortes de magouilles pas claires. Le "Sup" envoit alors Elias Contrarios, "commission d'enquête" (c'est le terme zapatiste pour "détective"), dans le "Monstre" (c'est-à-dire Mexico). Elias et Hector vont être amenés à se rencontrer et à unir leurs efforts. Ils vont alors mettre à jour un vaste complot mettant en cause le gouvernement mexicain, la police, l'armée, les groupes d'extrême-droite, etc... L'histoire regorge aussi de personnages insolites. On y trouve pèle-mèle : un transsexuel nommé Magdalena, un quatuor de personnages qui s'appellent Mai, Juin, Juillet et Août, une hacker de 75 ans domiciliée au Texas, une agente secrète de 11 ans armée de chewing-gums laxatifs, et j'en passe. Par ailleurs, ce livre nous livre (tiens, c'est marrant ça) quelques révélations intéressantes. On apprend par exemple que Ben Laden ne serait rien d'autre qu'un acteur mexicain qui en aurait eu marre de jouer les terroristes et se serait reconverti dans le porno. On apprend aussi l'identité du mec qui fait la voix du dinosaure mauve Barnie. Ça tue, non? Vous allez me dire que tout ça est un peu décousu de fil blanc. Ben, c'est vrai que ça part un peu dans tous les sens et que cette histoire a un côté surréaliste. Sans compter que Marcos a un style d'écriture assez peu académique. Mais je trouve que c'est justement ce qui fait son charme. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que derrière l'humour et la fantaisie, il y a la critique sociale, le propos politique. Et c'est finalement ça, le principal intérêt de cette ouvrage. Car les 2 auteurs n'épargnent rien ni personne. Tout y passe. Au final, le tableau qu'ils dressent de la société mexicaine n'est pas glorieux : corruption, assassinats, emprisonnements d'opposants politiques, escroqueries financières, luttes de pouvoir. Tout cela appelle une profonde réforme, voire même une révolution.

Bonne transition pour ma deuxième partie. En effet, je tiens à parler des prochaines élections présidentielles au Mexique et en particulier de l'initiative prise par le sous-commandant Marcos.
Le 1er janvier, à San cristobal de Las Casas, dans l'Etat du Chiapas, plus de 5000 zapatistes sont venus des bases d'appui pour accompagner la sortie du sous-commandant Marcos qui part pour 6 mois à travers tout le Mexique dans le cadre de ce qu'il a appelé "la Otra Campaña". Lors du meeting qui a suivi, plus de 10000 personnes sont venues écouter les principaux commandants de l'EZLN. L'idée de "la Otra Campaña" est simple. Il s'agit d'aller à la rencontre de tous ceux qui se sentent de gauche et luttent, hors des partis politiques et de quelque manière que ce soit, contre le capitalisme. Le but est de rassembler toutes les forces de gauche, de la "vraie" gauche.marcos_3 C'est lors de sa 6ème déclaration de la forêt Lacandone que le sous-commandant Marcos a lancé l'appel à une autre campagne. Pour l'occasion, Marcos s'est auto-désigné "délégué zéro" et a décidé de partir lui-même sur les routes mexicaines au volant (ou plutôt au guidon) d'une moto noire ornée du symbôle de l'EZLN. De nombreux mexicains, comptant parmi les plus déshérités, sont venus l'acclamer sur son passage. Il a commencé par sillonner la côte Pacifique. Dans les principales villes ou il est passé, des meetings étaient organisés. L'engouement populaire pour "la Otra Campaña" se fait sentir un peu partout. Il est prévu que d'autres commandants zapatistes viennent ensuite dans les endroits ou le "Sup" est passé. Ils resteront plus longtemps et auront pour mission de réunir les différents acteurs de gauche pour élaborer un programme commun. Les zapatistes contestent la légitimité des partis politiques qui présentent des candidats aux élections présidentielles qui auront lieu à l'été 2006. Selon eux, les 3 grands partis (PRI, PAN et PRD) auraient conclu un accord afin de maintenir le système actuel, quelque soit le vainqueur. C'est ce qu'on appelle "le pacte de Chapultepec". En fait, ces élections ne sont qu'une mascarade. Elles n'apporteront aucun changement pour les Mexicains. Les partis traditionnels sont complètement discrédités. En ce sens, l'autre campagne lancée par le sous-commandant Marcos me semble être une très bonne initiative. Elle peut redonner espoir au peuple mexicain qui aspire au changement. Seulement, cette initiative dérange fortement le pouvoir. Des membres de comités de soutien à "la Otra campaña" ont reçu des menaces. Par ailleurs, des militants d'extrême-droite ont foutu la merde lors de certains meetings. En fait, l'initiative de Marcos inquiête surtout le PRD, un parti qui se dit "de gauche", dont le candidat à la présidentielle n'est autre que Manuel Lopez Obrador, le maire de Mexico. Il craint de perdre les voix de son électorat traditionnel. Pourtant, a priori, Marcos ne songe pas à se présenter aux élections. Mais, on ne sait jamais. Le problème, c'est qu'au Mexique, la voie électorale semble bouchée. Le jeu est trop faussé pour qu'un candidat n'appartenant pas aux 3 grands partis soit élu. Il y a donc peu de chances pour que se produise un scenario à la bolivienne. En passant, je tiens d'ailleurs à saluer la victoire d'Evo Morales, le leader des "cocaleros". Je voulais en parler avant, mais j'ai pas eu le temps. Cette élection en Bolivie est une véritable révolution sur le continent latino-américain. Ce n'est pas tant le fait qu'il soit de gauche, mais le fait qu'il soit indigène qui constitue un changement radical. Après des siècles de domination blanche et créole, le continent latino-américain voit enfin un descendant des peuples précolombiens accéder au pouvoir. Espérons qu'il en fera bon usage. Et, alors que l'année 2006 sera marquée par de nombreuses élections sur le continent, espérons que d'autres pays suivront cette voie. Je ne désespère pas de voir toute une partie de l'Amérique Latine basculer à gauche. Sur ce, buenas tardes!

Posté par delmuzo à 17:53 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

03 janvier 2006

Bonne année!

Bon, alors bon.
En fait, là, j'ai une après-midi à perdre, alors j'en profite pour poster un nouveau message sur mon blog. Et le sujet qui m'est venu tout de suite à l'esprit, c'est le réveillon du Nouvel An! Ben oui, y a pas mal de choses à dire là-dessus. Mais ce qui m'a vraiment incité à en parler sur mon blog, ce sont les réactions dont m'ont fait part certaines personnes ayant "participé" à l'événement en question et avec qui j'ai eu le "plaisir" de manger ce midi au Resto U, un Resto U ma foi fortement bordélique puisque l'espèce de tapis roulant qui achemine les plateaux ne fonctionnait pas, si bien que les dits plateaux et leurs déchets s'ammoncelaient un peu partout et que cela faillit provoquer un mouvement de révolte de la part du personnel d'entretien qui était complètement débordé. Ouf, cette phrase est terminée. Bon, je disais donc que certaines réactions m'ont un peu fait mal au cul. Pour ne pas la citer, une certaine personne dont le prénom commence par A et qui se trouve être la gonzesse de mon pote John Tebey, m'a tout simplement dit qu'elle avait passé la pire soirée de sa vie. Jusque-là, on est plutôt d'accord. Mais ce qui est plus contestable, c'est la raison invoquée par cette chère personne. Selon elle, comme tout le monde était bourré, alors qu'elle était totalement sobre, c'était pas drôle, et en plus c'était quand même pas sympa de faire des conneries dans l'appart' à Bruno. Voilà, en gros, ce qu'elle a voulu dire.
Je m'arrête un instant car je viens de me rendre compte que je suis en train de parler d'un truc sans avoir expliqué ce qui s'était passé à ce fameux Nouvel An. J'imagine que pour les personnes qui n'y étaient pas, c'est un peu difficile à comprendre. En même temps, à part mes potes John et Barbudo, y a pas grand monde qui fréquente mon blog. Mais pour résumer, disons que la soirée commença très tôt pour mes 2 acolytes et moi-même puisqu'après avoir fait les courses, nous vidâmes quelques bouteilles en fin d'après-midi, en prévision de la soirée de merde qui nous attendait. Le but étant de ne pas arriver sobre à la soirée, au risque de mourir instantanément dès la première manifestation du comportement "vieux couple" de notre ami Burnos et de sa chère compagne Gérard. La soirée commença très mal puisque ma gonzesse, qu'on devait prendre en passant, me fit un putain de caca nerveux parce qu'on était pas à l'heure et qu'elle avait faillit se faire agresser (soit disant - parce qu'en fait, si ça s'trouve, c'était juste un gars qui lui demandait du feu). Bon, cela dit, nous arrivâmes chez notre hôte sans autre difficulté. Après les salutations d'usage, la soirée se mit en place tranquillement. Il fallut aller chercher des chaises. Pendant ce temps, moi je m'évertuais à réconforter ma gonzesse. Le repas fut absolument délicieux, surtout les ravioli cimentés avec 4 tonnes de gruyère. L'alcool coulait à flots. Et heureusement, parce qu'au fur et à mesure de la soirée et des conneries qui mettaient un peu de piment dans tout ça, Lord Burnos et sa mégère devenaient de plus en plus chiants. Faut dire qu'on y allait pas de main morte. Sans vantardise de ma part, je crois que j'ai battu tous les records. Pour satisfaire la curiosité de mes lecteurs, je peux donner un petit florilège de nos faits d'armes :
- passage du disque "Youri, le Prince des Tziganes" (cadeau de notre vieil ami Titi)
- déguisements pourris confectionnés uniquement à partir d'un noeud pap'
- pourrissage de la chambre à Bruno à base d'ustensils de cuisine, de cacahuètes et de bière dans son lit
- pourrissage de ses chiottes à base de dérouleur à PQ dans la cuvette
- remplissage de sa machine à laver avec divers objets, des ustensils de cuisine et de la bouffe.
- cassage d'un verre et ouverture contestable (et contestée) d'une bouteille de champ' de la part de Xavier
- cris stridents et autres gueulements (principalement de la part de Xavier)
- discussions non moins contestables comportant un grand nombre de mots putants faisant partie d'une liste préalablement établie.
- verres avalés culs secs, rots, pets et autres joyeusetés que seuls les vrais mecs savent faire
- vols de plusieurs bouteilles dans le frigo de Burnos, histoire de pas repartir les mains vides
- dégradation de ses chaises à 5000 euros environ achetées grâce à ses primes de bidasse

Voilà pour le programme de cette merveilleuse soirée qui restera à tout jamais gravée dans nos mémoires. Et encore! Je passe sur les événements qui se sont déroulés après notre départ de chez Burnos. Enfin, on pourrait quand même citer le coup de ma gonzesse complètement bourée qui apostrophe un rasta dans la rue ou Renaud qui finit en boîte (ça, c'est quand même unique), ou encore notre départ précipité de chez Phil le lendemain matin parce qu'une bonne soeur faisait sa ronde dans le collège. Bon, tout ça pour dire que ce Nouvel An était vraiment le pire trou noir que j'ai jamais vu. Même dans l'étendue infinie du cosmos, y en a pas de semblable. Le pire, c'est qu'on s'y attendait. On peut pas dire qu'on était pas sur nos gardes. On s'avait que ça serait une horreur. Et pourtant, on y est allé. Comme quoi, on est vraiment cons. Mais pour en revenir à la réaction de Mlle A, je la trouve complètement ahurissante. Non mais, franchement, encore heureux qu'on se soit bourré la gueule et qu'on ait fait des puteries toute la soirée! C'est ce qui nous a sauvé. J'ose même pas imaginé ce que ç'aurait été si on avait pas bu et qu'on était resté bien calmes autour de la table en merisier frappé qui coûte 20000 euros (avec la surtaxe). A l'heure qu'il est, j'crois qu'on serait plus de ce monde. Sur ce, bonne année à tous!

Posté par delmuzo à 18:01 - Commentaires [4] - Permalien [#]

28 novembre 2005

Quand évangélisme rime avec impérialisme

Avertissement:

Chers amis blogueurs, je tiens à vous mettre en garde. Cet article va être particulièrement long, un peu à la manière de ce que fait mon pote Barbudo, si vous voyez le genre. Alors si la politique vous fait royalement chier, passez votre chemin. Vous risqueriez de mourir dans d'atroces souffrances avant la fin. Quant à ceux qui seraient pro-américains, ça vaut mieux qu'ils ne lisent pas ça.

atitlan_22

Alors bon, comment tout ça a commencé? Ah oui, je me rappelle. C'était un midi rien de plus banal au resto de la Fac. Le repas typique avec Xavier qui parlait de cul et de politique, le tout savamment mélangé et agrémenté de cris stridents et de rires tonitruants. La discution vira ensuite sur le terrain de la religion. Et là, ce bougre me révéla une chose assez flippante. Il avait lu quelque part qu'un coup d'Etat évangélique se préparait au Guatemala. J'étais quelque peu interloqué par ce qu'il me disait, d'autant qu'il n'arrivait pas trop à m'en dire plus car sa connaissance de l'Amérique Latine est assez limitée. Du coup, je décidai de faire mes propres recherches sur le sujet. Et là, je me rendis compte de mon ignorance à propos d'un phénomène qui touche massivement l'ensemble du continent américain. A propos des sources que j'ai utilisé pour réaliser cet article, je tiens à mentionner l'excellent numéro de Courrier International sur "Les fous de Jésus, les évangéliques à la conquête du monde". J'ai aussi été sur le site du réseau de solidarité avec l'Amérique Latine (risal.collectifs.net), que je vous conseille vivement pour ses brillantes analyses des phénomènes socio-politiques sur le continent américain. Vous pouvez constater que j'ai fait un certain travail d'investigation avant d'écrire cet article. Je ne suis pas de ceux qui parlent sans savoir. Référence à une certaine personne d'obédience castriste qui raconte des inepties sur la situation à Cuba. Mais rentrons maintenant dans le vif du sujet.
En fait, je vais partir du témoignage de 2 routards français qui ont traversé tout le continent américain du nord au sud. Voilà ce qu'ils racontent sur leur passage au Guatemala :
"Après de longues heures de route à travers le sud mexicain, nous arrivons à la frontière avec le Guatemala en fin de journée. Les policiers sont nombreux. Cela est sans doute dû à la situation explosive (sic) au Chiapas. Ils vérifient nos passeports avec leur amabilité légendaire, puis ils nous laissent poursuivre notre chemin. Nous roulons jusqu'à la tombée de la nuit et décidons de nous arrêter dans la petite ville de La Mesilla. Pour quelques quetzals (la monnaie guatémaltèque), nous obtenons une chambre dans une petite auberge traditionnelle. On nous sert du Jocòn, ce plat typique à base de poulet, de tomate et de piments. Pour faciliter la digestion, on décide d'aller se coucher.
Après une bonne nuit de sommeil, nous reprenons la route au petit matin. On roule toujours sur la Panaméricaine, en direction du sud. On passe près de Huehuetenango qui est perchée à environ 1800m d'altitude. Les paysages sont magnifiques. Vers midi, nous arrivons dans le département de Solòla. Nous appercevons les cîmes des volcans qui bordent le lac Atitlan
(voir photo ci-dessus). Bientôt, le lac nous apparaît dans toute sa splendeur. Nous croisons de nombreux indiens mayas qui portent des sortes de ballots de paille. On s'arrête au bord du lac Atitlan pour se restaurer. Devant la beauté du site, Stéphane me propose de passer la journée ici pour en profiter pleinement. J'accepte volontiers. Nous mettons nos montures en sécurité et partons faire un peu de randonnée dans les hauteurs environnantes. Nous rencontrons un randonneur canadien très sympatique. Il se joint à nous. Alors que nous marchons tranquillement sur un petit sentier escarpé, une intense clameur nous parvient. Cela ressemble à l'appel à la prière d'un muezzin. On se croirait à La Mecque. La surprise est totale. Notre ami canadien nous explique que ce sont les haut-parleurs d'une église évangélique. Il nous dit qu'il y en a dans tous les villages mayas de la région. Des groupes de fidèles nord-américains arrivent du jour au lendemain dans un village isolé et construisent aussitôt une église. Ils convertissent les populations autochtones en mettant en scène des miracles spectaculaires. Certains pasteurs font croire à des guérisons miraculeuses alors qu'ils utilisent des médicaments très courants, mais inconnus de ces populations qui se soignent encore souvent avec des plantes médicinales et des incantations. Alors que notre canadien nous raconte tout ça, d'autres clameurs s'élèvent depuis les bords du lac. Il semblerait que les églises des différents villages se répondent. On baigne vraiment dans une atmosphère surréaliste. Les hauts-parleurs finissent par se taire au bout d'une bonne heure. Notre compagnon nous dit que c'est plutôt rare à ce moment de la journée. D'habitude, les églises commencent à débiter leurs litanies en début de soirée. Parfois, cela peut durer toute la nuit. Nous poursuivons notre randonnée, un peu troublés, et redescendons sur les bords du lac avant le coucher du soleil. Cette nuit, nous dormirons dans nos bons vieux sacs de couchage. Heureusement pour nous, les hauts-parleurs évangéliques resteront muets, cette fois."
Voilà. J'arrête là la trancription du commentaire car après c'est moins intéressant. Ils poursuivent juste leur chemin vers la capitale, Guatemala Ciudad, avant de rejoindre le Honduras. Mais je trouve que ce passage est très intéressant car il sent le vécu. Ca donne une bonne idée de la force de pénétration de l'évangélisme nord-américain dans les pays d'Amérique Centrale. En fait, le Guatemala est un exemple très révélateur. C'est le pays d'Amérique Latine le plus touché. On compte environ 30% de la population guatémaltèque qui se réclame d'une des nombreuses églises évangéliques répertoriées. Et dans cette masse de convertis, il y a une grosse majorité d'"indigènes". Ce sont les descendants du peuple maya-quiche. Les évangéliques (et non "évangélistes" car le mot vient de l'anglais "evangelicals") exploitent leur crédulité et prospèrent sur la misère de ces populations. N'oublions pas que les autochtones avaient déjà subi une évangélisation forcée de la part des conquistadors espagnols. Autrement dit, l'histoire se répète. La religion est encore une fois mise au service d'une entreprise de domination et d'exploitation des faibles. Toutefois, les fiers descendants des Mayas n'ont jamais complètement délaissé leurs croyances ancestrales. Ils les ont mélangées à la foi catholique, le Dieu Jaguar cotoyant sans problème le Christ. Mais avec l'évangélisme protestant, les croyances et la culture de leurs ancêtres semblent vouer à disparaître. Dans leurs prêches enflammés, les pasteurs s'en prennent sans distinction au catholicisme et aux rituels mayas. Des lieux de culte sont régulièrement sacagés et des personnes agressées parce qu'elles refusent d'adhérer à telle ou telle église évangélique.
Mais quelle est la véritable influence des évangéliques dans le pays? En fait, à travers mes recherches, j'ai découvert que leur implantation n'était pas nouvelle. Tout a commencé dans les années 1970. Après le terrible tremblement de terre de 1976, des pasteurs américains sont venu prêcher au Guatemala. Tout en apportant une importante aide logistique aux victimes, ils ont clamé que cette catastrophe était une punition divine, notamment parce que les Guatémaltèques s'étaient laissés séduire par l'idéologie diabolique du communisme. Et oui, on était en pleine Guerre Froide et les Yankees étaient particulièrement inquiets de la prolifération des mouvements révolutionnaires en Amérique Latine. Déjà en 1954, au Guatemala, la CIA avait monté une opération pour renverser le colonel Jacobo Arbenz, accusé de nuire aux intérêts des Etats-Unis. ll faut dire qu'il avait entrepris une réforme agraire qui remettait en cause le quasi-monopole de la puissante United Fruit Company. Le Che, qui assista à l'événement en direct, en tira la leçon qui s'imposait. La lutte armée était la seule issue possible. Toute tentative de réforme pacifique serait tuée dans l'oeuf. Pourtant, si l'intervention armée était souvent une bonne solution pour les Américains, elle s'avérait parfois inéfficace et contre-productive. L'échec de la Baie des Cochons fit réfléchir les experts en stratégie contre-révolutionnaire. Sans renoncer complétement à leurs anciennes méthodes (renversement par la force d'Allende au Chili, par exemple), ils mirent au point une stratégie plus subtile. Il s'agissait de pénétrer culturellement les sociétés latino-américaines. Les Américains visaient la conquête des esprits. Dans cette optique, l'évangélisme protestant fut une arme redoutable. Au Guatemala, profitant d'une catastrophe naturelle, les sectes de toutes sortes proliférèrent. Cela allait des Témoins de Jéhovah aux Mormons. Les évangéliques s'appuyèrent sur des méthodes psychologiques particulières. Aujourd'hui, les mass media sont le plus puissant relai de leur prosélytisme. Mais surtout, ils bénéficient d'un appui financier considérable. L'évangélisation entreprise dans les années 1970 ne tarda pas à porter ses fruits. Les évangéliques s'infiltrèrent dans la sphère politique. En 1982, le général Rios Montt, membre de l'Eglise du Verbe de Dieu, accéda au pouvoir par un coup d'Etat. Reagan s'empressa de saluer le nouveau chef d'Etat guatémaltèque. Il le présenta comme "un homme d'une grande intégrité". On a vu ensuite ce que ça a donnée. Rios Montt mit en place une répression impitoyable à l'égard des opposants politiques. Les populations indiennes furent les principales victimes de sa cruauté. Les organisations de défense des droits de l'Homme estiment à 200000 le nombre de personnes mortes durant la vague de répression brutale des années 1980. Le général Rios Montt était allé tellement loin que même les Américains s'offusquèrent de ses méthodes. Sur ce sujet, je recommande de lire l'ouvrage de Rigoberta Menchù (Prix Nobel de la paix en 1996) qui raconte comment les escadrons de la mort torturèrent son frère sur la place de son village. C'est tout simplement révoltant. Pendant cette période, les évangéliques purent donner libre cours à leur volonté de contrôle de la population. Par une intense propagande, ils s'efforcèrent d'éradiquer la théologie de la Libération (forme de catholicisme social marxisant jouissant d'une grande popularité en Amérique Latine). En 1991, un autre président évangélique, Jorge Serrano, accéda au pouvoir au Guatemala. Il appartenait à l'Eglise Shaddaï. Mais l'opposition de gauche n'était pas morte. Finalement, un accord de paix fut signé en 1996 entre le gouvernement et la guérilla. Cela mettait fin à près de 30 ans de guerre civile dans le pays. Pour autant, le Guatemala n'en a pas fini avec l'impérialisme du grand-frère américain. Les évangéliques sont plus puissants que jamais. Leur nombre ne cesse de croître, à tel point que dans quelques années le catholicisme sera devenu minoritaire dans le pays. Les pasteurs locaux, appuyés par de véritables multinationales religieuses, convertissent à tours de bras. Leurs cibles privilégiées sont les indiens vivant dans la pauvreté, souvent alcooliques et coupés de leur milieu familial. Les évangéliques tiennent les rouages de l'économie et de la politique. On a même vu le général Rios Montt se présenter aux élections présidentielles de 2003. Encore heureux qu'il n'ait pas été élu. Aujourd'hui, l'évangélisme est le cheval de Troie du libéralisme économique en Amérique Latine. En effet, si le Guatemala est le pays le plus touché, le phénomène concerne l'ensemble des pays latino-américains. Les églises évangéliques sont particulièrement puissantes en Equateur, au Pérou, en Argentine et surtout au Brésil. Ce pays est d'ailleurs le 2ème pays évangélique au monde, derrière les Etats-Unis. Leur poids est si important que Lula a dû flatter cet électorat pour être élu à la présidence. Au Mexique, ce sont les Légionnaires du Christ qui exercent une influence considérable sur le pays. Ils parviennent à convertir des indiens du Chiapas, ce qui entraîne des tensions avec les zapatistes. Les Etats-Unis financent bien sûr toutes ces églises. Le président Bush, qui se présente comme un "born again", soutient cette forme d'intégrisme chrétien. L'entreprise d'évangélisation s'appuie surtout sur la CONELA (Confraternidad Evangelica Latino-Americana) créée en 1982. Il s'agit là d'un réseau d'évangéliques anti-catholiques et anti-communistes. Elle est affiliée à la World Evangelical Association des Etats-Unis. La plupart du temps, les Etats d'Amérique Latine sont très indulgents face à cette nouvelle forme d'impérialisme. Le seul qui ait osé s'opposer aux évangéliques est Hugo Chavez. Il a notamment expulsé certaines églises qui voulaient s'implanter au Venezuela. Ce qui lui a vallu les foudres de Washington. Le télévangéliste Pat Robertson a carrément lancé un appel au meurtre de Chavez.
Je ne vous cacherai pas que je suis proprement révolté face à tout ça. Le pouvoir grandissant des évangéliques en Amérique Latine m'inquiête. Même si je nourrissais quelques reserves sur Hugo Chavez auparavant, je dois avouer qu'aujourd'hui c'est le dirigeant latino-américain qui a le plus de courage. Il est le seul qui ose braver cette Amérique triomphante qui se sent investie d'une mission divine à l'égard du reste du Monde. Loin de moi l'idée de tomber dans l'anti-américanisme primaire, mais je ne peux pas accepter qu'un pays, au nom d'un messianisme fanatique, tente de dicter sa loi aux autres, et surtout tente de satisfaire ses intérêts purement économiques. Et qu'on ne vienne pas me traiter de sale coco! Je suis simplement un mec révolté par l'injustice et l'exploitation de l'Homme par l'Homme. La lucha continua! 

Posté par delmuzo à 16:39 - - Commentaires [15] - Permalien [#]


26 mai 2005

CONCOURS DES BOGS POURRIS N°1

Voici les nominés du mois:

       N°1/ A rodrigo lomeli marinez POUR QUE JAMAIS TU NE SACHES MES SENTIMENTS

              N°2/ BLOG DE RAF (les commentaires comptent)

                     N°3/ http://www.lapabpd.canalblog.com/

Dépêchez-vous de voter, il ne vous reste plus beaucoup de temps. Pour l'instant, d'après un sondage Iflop, c'est le N°1 qui est en tête. Votez, chers amis blogueurs.

Posté par delmuzo à 16:53 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

25 mai 2005

Blogueurs, blogueuses,

Moi, Pancho del Muzo, je vous invite à voter. Voter pour quoi, me direz-vous? Et bien, non il ne s'agit pas du référendum sur la Constitution européenne. Il s'agit du Grand Concours Mensuel des Blogs Pourris. Chaque mois (entre le 20 et le 30) élisez le blog le plus pourri parmi les nominés qui auront été choisis par le conseil des sages composé de mes camarades Barbudo et John Tebey, ainsi que moi-même. Le choix se fera parmi la revue de blogs qui aura été effectuée au cours du mois. Toute participation à ce travail de recherche sera la bienvenue. Donc, si vous connaissez des blogs de merde ou si vous en êtes l'auteur, veuillez contacter l'un de nous trois. Voici l'adresse des blogs de mes camarades:

http://www.barbudo.canalblog.com

http://www.johntebey.canalblog.com

Le vote mensuel se fera par commentaire indiquant le numéro du blog choisi. Merci, chers citoyens de la blogosphère.

Posté par delmuzo à 15:50 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

24 mai 2005

Pour toi, Renaud...

Vraiment, j'm'en lasse pas. Les photos d'animaux, ça m'éclate.

ours1ours4  ours5

ours3  ours21 ours6

Posté par delmuzo à 14:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

06 mai 2005

J'vais vous raconter une histoire...

Bon, voilà. Mon pote Barbudo m'ayant fait remarquer, à juste titre, que je n'avais pas posté de message sur mon blog depuis longtemps, j'ai décidé de me remettre à l'ouvrage. Mais le problème avec les blogs, surtout un blog débile comme le mien, c'est qu'on a pas toujours l'inspiration pour y écrire quelque chose. A vrai dire, j'suis un peu en panne ces derniers temps. L'angoisse de la feuille blanche, ou plutôt de l'écran blanc, me prend. Dans ces cas-là, y a qu'une solution : piquer aux autres. J'vais vous raconter une petite histoire qui n'est pas du tout de mon invention. C'est une histoire vraie que m'a raconté mon prof d'espagnol, el señor Soriano. Vous pouvez donc le remercier. J'espère qu'il m'en voudra pas trop d'avoir divulguer sur internet des souvenirs qui lui appartiennent. Après tout, s'il voulait que ça reste secret, il avait qu'à pas me la raconter. Bon, il faut du courage pour lire vu que c'est un peu long. Mais trêve de bavardage, il est temps de commencer:

        Les faits se déroulent à Paris, dans les années 70. A cette époque, mon prof d'espagnol, appelons-le Pablo ça sera plus commode pour le récit, était étudiant à la Sorbonne. Il avait quitté son Espagne natale avec l'espoir de trouver un poste d'enseignant en France, une fois ses études terminées. Son français était presque excellent, même s'il n'arrivait pas à se départir de son fort accent andalou. Pour financer ses études, il travaillait comme pion dans un lycée parisien. C'est dans ce lycée qu'il avait retrouvé un ami d'enfance qui s'appelait Antonio. Celui-ci était également surveillant.
Pablo connaissait bien la famille d'Antonio. C'était une famille de riches propriétaires terriens qui vivait dans une grande propriété à quelques kilomètres de son village, en pleine Andalousie. Les parents d'Antonio possédaient un important élevage de chevaux. Des pur-sang arabes, montures magnifiques de Conquistadors, qui faisaient la fierté de ses propriétaires. Le père était un homme rude, au caractère bien trempé. Un fier hidalgo, quoi. La mère était le type même de l'Andalouse belle et exhubérante. Ils avaient huit enfants. Antonio était l'avant-dernier. Ses frères avaient été élevés selon la tradition et le père avait voulu en faire ses dignes successeurs à la tête du domaine. Ses soeurs avaient connu le même régime. C'était de vraies amazones. Elles montaient à cheval comme des garçons et aimaient à parader dans les alentours, juchées sur leurs beaux étalons. Pablo se souvenait qu'il était très intimidé à chaque fois qu'il les voyait. Antonio, lui, était un peu le mouton noir de la famille. Dès son plus jeune âge, il s'était distingué de ses frères et soeurs. Il n'était pas intéressé par les activités du domaine. Il préférait aller jouer avec les enfants du village voisin, et notamment avec Pablo. Dans l'adolescence, il s'était plongé dans les livres, et particulièrement la littérature française. C'est ce qui expliquait son attrait pour la langue de Molière et son désir de découvrir Paris. C'était un intellectuel. Et cela ne plaisait guère à son père qui comprenait mal qu'il préférât faire des études plutôt que de reprendre l'exploitation familiale avec ses frères.
Voilà donc comment Antonio se retrouva à Paris, en même temps que Pablo. Après que le hasard les ait fait se retrouver, les deux amis partagèrent les meilleurs moments de leur vie parisienne. Ils adoraient se ballader sur les quais de la Seine, ou boire un coup à la terrasse d'un café en déshabillant du regard les belles passantes à l'allure désinvolte. Certains soirs, ils se réunissaient avec des amis, Français et Espagnols, et parlaient de tout et n'importe quoi, mais surtout de politique car en ces années post-soixante-huitardes, la jeunesse étudiante était encore très engagée. D'ailleurs, les opinions politiques d'Antonio l'avaient encore un peu plus éloigné de sa famille. Il était séduit par les idées révolutionnaires, alors que son père avait toujours affirmé son soutien au général Franco. Il écrivait toujours à sa mère. Celle-ci lui donnait les dernières nouvelles sur la famille et sur l'activité du domaine. C'était le seul contact qu'il avait avec eux. Il n'était pas retourné en Espagne depuis son arrivée à Paris.
         
Un soir, alors qu'il rentrait chez lui, dans son appartement du XIVème arrondissement, Pablo fut surpris par la sonnerie du téléphone. Il était encore sur le pas de la porte. Il se précipita à l'intérieur et décrocha le combiné. C'était Antonio. Il avait une voix inhabituelle. Antonio ne prit pas le temps de lui expliquer ce qui se passait. Il l'invita à le rejoindre chez lui. Pablo emprunta le métro pour se rendre Place de la Nation où habitait Antonio, enfin dans une rue adjacente pour être exact. Il était près de 21h quand il arriva chez son ami. Celui-ci le fit entrer prestement et là, quelle ne fut pas la surprise de Pablo en découvrant la personne qui se tenait debout dans le salon. C'était le père d'Antonio. Il était arrivé d'Espagne dans le courant de la soirée. Il venait voir son fils qui lui manquait beaucoup. Malgré les divergences avec son père, Pablo sentit qu' Antonio était heureux de le revoir. Il partageait la joie de son ami. Le père d'Antonio avait amené des photos de la famille et une bouteille d'alcool andalou qui ressemblait à du cognac. Ils la dégustèrent allègrement en se racontant leur vie depuis qu'ils s'étaitent quittés. Ils parlèrent, parlèrent, et parlèrent encore, si bien qu'ils ne virent pas l'heure passer. Il était presque 1h du matin lorsque le père d'Antonio annonça qu'il devait absolument repartir. Il avait un avion à prendre à Orly à 2h. Antonio proposa à son père de rester dormir chez lui, mais il refusa fermement. Le jeune homme n'insista pas. Pablo et Antonio conduisirent le père à l'aéroport. Après de chaleureuses embrassades, il se quittèrent dans le hall d'attente. Le père d'Antonio embarqua sur le vol Paris-Madrid. Et les deux jeunes hommes regagnèrent leurs pénates.
Le lendemain matin, comme il n'avait pas de cours à la Fac, Pablo fit la grasse matinée. Sur le coup de midi, il reçut un appel d'Antonio. Cette fois, la voix de son ami traduisait carrément l'affolement. Antonio ne cessait de dire "c'est complètement dingue!". Pablo lui demanda la raison de ce comportement. Antonio lui expliqua qu'il venait de recevoir une lettre de sa mère lui annonçant la mort de son père. Cette lettre était datée de l'avant-veille. Elle avait donc été envoyée la veille de la visite de son père à Paris. Dans sa lettre, la mère d'Antonio lui expliquait que son père avait succombé à une crise cardiaque et qu'il avait été enterré dans le caveau familial. Pablo pensa: "mais alors..., hier soir...?". Tous les deux étaient troublés. Pablo eut l'idée d'aller vérifier que le nom du père d'Antonio figurait bien sur la liste des passagers du vol Paris-Madrid de la nuit. Grâce à l'aide d'une ancienne petite amie qui travaillait à la compagnie Iberia, Pablo obtint la liste des passagers. Le nom du père d'Antonio y était. Ils n'avaient donc pas rêvé. C'était bien lui qui leur avait rendu visite la veille. De plus, il restait les photos et la bouteille dans l'appartement d'Antonio qui constituaient une preuve indéniable.
Quelques années plus tard, de passage en Espagne, Antonio se rendit dans le village où avait été enregistré l'acte de décès de son père. Le document était parfaitement formel. Son père était bien mort 1 jour avant qu'il vienne le voir à Paris.

Antonio et Pablo gardèrent cette histoire pour eux. La mère d'Antonio ne fut jamais mise au courant. Le mystère demeure. Cette histoire défie toute logique. Apparemment, les deux jeunes hommes ont eu la visite d'un mort. C'est l'histoire qu'a vécu mon prof d'Espagnol. Vous vous imaginez bien que je l'ai pas cru, moi, au début. Vous me connaissez, j'ai plutôt l'esprit cartésien. Mais, il m'a assuré que c'était la vérité avec un grand V. Alors, j'le crois parce que c'est pas le genre de mec à raconter des bobards. J'ai pas d'explication logique. Si quelqu'un en a une... Voilà, je suis le nouveau Pierre Bellemare, je raconte des histoires extraordinaires.

Posté par delmuzo à 18:32 - - Commentaires [31] - Permalien [#]

08 mars 2005

A l'occasion de la journée de la femme

Y en a ras le cul de la journée de la gonzesse! Alors, pour faire chier les féministes, voici quelques photos qui réjouiront les mecs, les vrais!

Posté par delmuzo à 15:44 - - Commentaires [4] - Permalien [#]